Alice in Wonderland 45

December 23rd, 2010

kagablog

december 12, 2010
alice au pays des merveilles (2010) un film de james fotopoulos

ayant adoré son long métrage « des formes en migration » (migrating forms) de 1999, nous avons contacté récemment le cinéaste américain james fotopoulos qui est d’origine grecque. fotopoulos avait montré ce film ancien au nyuff (new york underground film festival) en 2000 et la même année aryan kaganof y montrait son « nostalgia for the future ». le cinéaste important james fotopoulos nous a envoyé lui-même son dernier long métrage « alice au pays des merveilles » d’après la pièce musicale du même nom de henry saville clark et walter slaughter. l’origine de cette pièce est bien sûr le roman classique de lewis carroll.

ce nouveau long métrage de fotopoulos est une adaptation originale de la pièce, une adaptation sur la problématique de « l’interaction entre l’amateurisme et le professionnalisme« , d’après les mots de la jaquette. en jouant avec les tableaux vivants de sa belle actante (plutôt qu’actrice) et avec les 245 peintures de thomas eakins, le cinéaste aimerait aussi mettre en avant ses moyens modestes qui riment parfaitement bien avec la liberté artistique et avec la nouveauté. le film est divisé en deux actes (pour utiliser un terme d’opéra qui conviendrait avec le film en question) et son actante est accompagnée à quelques plans d’intervalle par des figures « humaines » macabres habillées en gazes, proches de l’univers de jan svankmajer. sauf que dans ce film ces figures ne sont pas animées mais accompagnent l’immobilité expressive de la jeune femme. une inscription sur l’image nous assure que « ce que je fais, je le fais pour impressionner ».

l’œuvre originale de carroll a été écrite sous l’emprise de l’acide. dans ce film, l’acide cinématographique est très doux et très indépendant des paroles récitées par une voix masculine. ces paroles sont sous la forme d’un flux langagière incessant qui remonte notre curiosité de connaître une version nouvelle, une version fraîche de perfection poétique à travers la simplicité de la mise en scène et l’interaction éternelle entre le cinéma et la peinture.

pendant le deuxième acte la femme est habillée en blanc mais il n’y a pas de neutralité stylistique. dans tout le film la vision du cinéaste est pleine de passion visuelle sur le jeu délicat et discret de l’actante.

la temporalité est non-linéaire et cela serait en accord avec les mots de la jaquette écrits par le cinéaste que cette pièce ancienne « prouve l’interaction entre la science et l‘art». fotopoulos aurait probablement imaginé un temps indéfini de l’histoire narrative ou cinéphilique, le même temps qui remonte au début du cinéma mais qui trouve son écho lointain aujourd’hui la tentation d’ « avant-garde rétro » (pour utiliser une notion contradictoire).

une phrase de carroll qui nous a marqué dans le film et qui pourrait compléter le sens du film dit: « l’humain est devenu invisible ». c’est pour ça que son actante est peu mobile, comme un esprit immatériel. c’est un esprit en cours de préparer ses rêves et ses mouvements

pour révéler les points communs entre fotopoulos et nous-mêmes, je tiens à vous préciser que la musique additionnelle vient du groupe rahdunes de nate archer, un cinéaste commercialisé en dvd dans le passé par le « cinéma abattoir », la même société qui avait édité mon film « pandrogeny manifesto » dans sa deuxième compilation.

écrit par dionysos andronis

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